Un thé "presque" parfait ?

Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Maynard Thomas » Mar 6 Oct 2009 22:09

Maynard avait deux raison d'être reconnaissant envers Madame Standford. La première c'est parce qu'elle c'était donné la peine de s'asseoir, ce qui lui éviterait de hausser le ton de la voix et d'être entendu par quiconque passant non loin d'eux. La seconde et non des moindres, était de ne pas avoir été interrompu dans ses explications. Ce n'était pas un sujet qu'il aimait aborder, bien au contraire.

" Cette histoire est loin d'être jolie, c'est juste ma vie est rien de plus."

Il garda son sang froid, parla d'une voix calme et posé, tout en gardant son sourire.

- " Vous menacer ? Moi ? Loin de moi cette idée. Je n'ai aucune raison de le faire, n'est ce pas? C'était juste un souhait de ma part, c'est tout. Je ne voulais pas plus dissimuler ma vraie nature. Malgré mon séjour en prison, je ne suis pas quelqu'un de méchant, ni de mauvais. Je suis juste quelqu'un qui a fait une erreur, comme nous tous, non ? Je peux donc vous assurer ma reconnaissance pour m'avoir si bien accueillit au sein de votre famille."

C'est inquiet qu'il regarda son hôte revenir vers lui avec de quoi écrire. Qu'attendait elle de lui? Des aveux complet? Qu'il renonce à son mariage? Pire encore qu'il mette par écrit la raison de son incarcération. Il n'avait pas plus envie de l'écrire qu'il n'avait envie d'en parler.

Puisque Madame Standford était prête à faire un effort, il pouvait bien en faire un de son côté. Surtout qu'il en avait trop dit. Il s'empara donc de la plume, soupira, écrivit quelques mots sur le papier avant de le faire glisser vers Abigaelle.

" Il est en effet regrettable que Katleen soit au courant. Il est hélas trop tard pour changer quoi que ce soit. Je tenais à ce qu'elle sache tout de moi, que notre relation soit avant tout basé sur la confiance...Je vous remercie d'avoir accepté de garder le secret. "

Il était en effet préférable que le secret soit bien gardé. Il avait plus à perdre qu'il ne l'avait laissé entendre, son père pouvait très bien le déshérité, lui demandait de lui rembourser tout l'argent dépensé afin de garder cette "affaire secrète."

" Oui le mariage a bien été consommé. J'aurais aimé pouvoir vous donner une preuve de ma bonne foie. Pourquoi tenez-vous tant à le savoir ? Vous êtes bien trop jeune pour être arrière grand mère... Ce qui j'espère ne devrait pas tarder, Katleen et moi désirons avoir au plus vite des enfants. "

Il voulut boire un peu, parler lui avait desséché la gorge. Il attrapa sa tasse, oubliant qu'elle était vide depuis un bon moment.

" Je peux aussi vous assurer que Katleen n'était pas enceinte le jour de notre mariage, et que ce n'est pas la raison de notre précipitation à se marier. Vous avez dû aussi entendre ce genre de bêtises ? Avez vous d'autres questions? Si c'est le cas j'aimerais avoir un peu de café, si cela ne vous dérange pas. Je n'ai pas l'habitude de parler autant, et le voyage m'a un peu fatigué."
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Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Abigaelle Standford » Jeu 8 Oct 2009 23:38

Si Maynard trouvait que sa vie ne ressemblait en rien à une jolie petite histoire, Abigaelle ne pouvait en effet que l’approuver. Il y avait cependant une chose qu’on ne pouvait lui retirer, c’était sa bonne éducation qui aurait presque pu faire oublier ces trois mystérieuses longues années passées en France. Presque, car Abigaelle n’était pas du genre à se laisser si facilement berner…
Ce fut donc très déterminée à savoir le fin mot de toute cette affaire, qu’elle avait tendu papier et plume à Maynard. Autre bon point pour celui-ci, il ne tenta pas de se dérober de quelque manière que ce soit. Il n’y serait de toute façon pas parvenu.

Si elle réussi parfaitement bien à cacher sa fébrilité, elle ne pu en revanche rien faire contre l’intérêt qui se lisait dans son regard. Mais bien vite, celui-ci se concentra entièrement à la lecture du papier. Pour finalement relever la tête et jeter un regard évaluateur sur Maynard.

« Et bien, voilà qui est… peu commun pour quelqu’un de votre condition sociale. »

Elle ne rajouta rien d’autre, étant la première à savoir que Suzie avait la fâcheuse manie d’espionner tout le monde au manoir. Ce qui pouvait parfois être très intéressant… Il fallait bien que cette empotée puisse de temps à autre servir à quelque chose.
Pour l’heure, il s’agissait surtout de détruire irrémédiablement ces aveux. C’est donc en tenant le papier entre l’index et le majeur qu’elle ouvrit la théière pour le plonger dans le reste de thé encore tiède. Il ne fallu pas bien longtemps pour que celui-ci prenne une étrange couleur bleuâtre tandis que le papier se délavait totalement… Elle laissa alors tomber celui-ci dans la mixture étrange et referma dans un claquement sec la théière.
Puis avec un petit sourire suffisant, elle ajouta avec l’air de ne pas y toucher.

« Voilà une bonne chose de faite, ne trouvez-vous pas ? »


Ce n’était pas qu’elle provoquait volontairement Maynard mais… Dieu qu’elle appréciait les instants où comme celui-ci elle pouvait faire sentir toute son ascendance sur quelqu’un. Mais son plaisir ne dura guère longtemps puisque celui-ci la rappela à l’ordre. Et de quelle manière !
Le thé étant maintenant totalement imbuvable, il était évident que son hôte ne pourrait que lui rappeler ce fait.

« Veuillez m’excusez je vous prie. J’avais l’esprit occupé à bien d’autres choses… »


Alors qu’elle parlait, elle s’était dirigée vers le cordon d’appel où après quelques secousses frénétiques, elle revint s’asseoir face à Maynard.

« Je reconnais que ma question sur la validité ou non de ce mariage était inconvenante de ma part. Mais croyez que ce n’était que dans le but de protéger… »

Coupé par l’arrivée de Suzie qui s’excusait poliment de les déranger alors même qu’elle avait été convoquée, Abigaelle lui jeta un regard suspicieux. Déjà, par sa rapidité peu coutumière à venir satisfaire ses demandes. Rien que par ce fait, Abigaelle savait déjà que la jeune fille avait traîné –elle et ses oreilles- aux alentours au lieu d’être à sa place aux cuisines. Et ensuite, parce que le sourire éclatant réservé à Maynard était quelque peu dérangeant alors même qu’elle parlait de l’union de ce même jeune homme et de sa petite-fille.

Ce fut donc particulièrement agacée tant par l’attitude de Suzie que par celle de Maynard –car la faute revenait toujours à l’homme dans ce genre d’histoire- qu’elle s’adressa sèchement à la jeune fille avant de la renvoyer rapidement de là d’où elle venait. La pauvre Suzie ayant au moins eu le bon ton d’effacer ce sourire avant de sortir du salon tête basse.

« Vous nous ramènerez du café et du thé buvable, cette fois-ci. Je ne sais pas où vous aviez la tête ma pauvre fille mais certainement pas à votre travail vu ce que vous avez osé nous servir précédemment. Je devrais vous le faire boire, rien que pour vous remettre les idées en place et les yeux au bon endroit ! »

Car le sourire qu’avait adressé Suzie à Maynard n’avait pas été sans lui faire rappeler ceux que celle-ci réservait habituellement à Gillian. Le moment avait donc été tout à fait opportun pour la remettre à sa place et par là même lui faire oublier tous ses rêves de mijaurée envers Gillian.
Ayant donc déversé toute sa colère, elle ne se préoccupa pas davantage de sa domestique et préféra reporter toute son attention –et la faute- à Maynard.

« J’ose espérer Monsieur Thomas que je n’aurais pas à devoir vous interdire toute autre relation, surtout si inconvenante, dans cette maison. Que vous me flattiez par de belles paroles est une chose, en faire de même avec des petites domestiques sans grand intérêt en est une autre. Il ne s’agit là après tout que de bon sens. »

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Abigaelle reprochait davantage à Maynard d’avoir involontairement séduit sa servante plus que son passé lui-même. Et le regard critique qu’elle posait sur lui à ce moment-là était sans appel. Elle ne supporterait pas un séducteur de bas étage dans sa maison.

Par la suite les minutes parurent bien longues à Abigaelle qui trouvait que cette Suzie prenait décidément bien du temps pour leur apporter leur commande. A croire que celle-ci le faisait exprès !
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Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Maynard Thomas » Sam 10 Oct 2009 23:13

Le calme de Madame Standford était un peu inquiétant. Son absence de question l'était tout autant. Elle devait bien s'en poser des questions après ce qu'elle venait d'apprendre. Des questions légitimes aux quelles Maynard s'était plus ou moins préparé à répondre. Ne pas le faire, ne fut en aucun cas un soulagement pour lui. Ce n'est pas qu'il tenait tant à en parler, bien au contraire, mais au moins cela lui aurait permis de se justifier de se trouver des "circonstances atténuantes" et prouver par la même occasion que plus jamais il ne recommencerait ce genre de bêtises.

Pendant un moment il s'était attendu à ce que Madame Standford ne tienne pas sa promesse, et qu'elle décide de garder le papier au lieu de le détruire. De cette façon elle garderait sur lui un avantage non négligeable, et pourrait se servir de ce morceau de papier contre lui à tout moment.

" Oui ."

Se contenta t'il de répondre. Cette fois il se sentait vraiment soulagé, il était impossible de lire ce qui était écrit sur son papier, tout comme il était impossible de boire à nouveau de ce thé. De cette façon le contenu du papier resterait secret, et en plus il pourrait boire autre chose qu'un thé insipide et sans goût.

" Ce n'est pas bien grave, vous n'avez pas à vous excuser."

Ce n'était pas envers lui que Madame Standford devait s'excuser mais auprès de son employée de maison puisqu'elle lui donnait du travail supplémentaire. Une fois de plus, il s'arrangea pour ne pas croiser le regard de cette employée un peu trop souriante à son goût. Pourquoi Suzie lui adressait elle un sourire ? Pourquoi était elle venue juste au moment où Madame Standford évoquer son mariage et sa validation ? Tout ceci était il lié? Bien qu'il éprouva une certaine compassion envers la jeune fille, il ne fit rien pour lui venir en aide, ni pris sa défense. Après tout ce n'était pas ses affaires, il n'avait rien à dire jusqu'à ce que la colère d'Abigaelle se retourne contre lui. Il n'avait pourtant rien fait de mal.

" Vous n'aurez pas à le faire, je n'ai pas l'intention d'avoir une quelconque relation avec cette jeune fille. J'admets avoir essayé de vous séduire afin d'obtenir sur le tard votre bénédiction. Je n'ai pas contre jamais eu cette intention envers votre employée, c'est à peine si je lui ai adressé la parole. L'aurais je fais sans m'en rendre compte? Si c'est le cas, veuillez m'excuser, je n'ai que peu d'expérience dans ce domaine, je n'ai fréquenté personne avant Katleen. "

Il marqua un bref temps d'arrêt, réfléchit à ce qu'il pourrait dire pour sa défense.

- " Cela vous rassurait il si je disais à cette jeune fille qu'il ne se passera jamais rien entre nous ? Je tiens moi aussi à protéger Katleen, et je n'ai pas envie de lui faire de la peine. "
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Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Abigaelle Standford » Sam 17 Oct 2009 00:11

Maynard en obtempérant à la demande d’Abigaelle avait sans doute cru se livrer à alla pieds et mains liés. Rien n’était plus vrai. Sachant maintenant de quoi ce jeune homme en apparence bien sous tout rapport pouvait être capable, Abigaelle se sentait bien plus à l’aise face à lui. Au point même de se débarrasser de ce ridicule petit bout de papier. Elle savait maintenant et rien que cela était largement suffisant pour faire de Maynard sa docile marionnette. D’ailleurs ce jeune homme semblait vouloir réclamer ce rôle de lui-même… Parce que vouloir la séduire pour obtenir sa bénédiction ?... Mais pour qui la prenait-il ?! Une vulgaire fille de cuisine ?!

Mais visiblement Maynard ne devait pas en être à son coup d’essai si on devait tenir compte de la réaction si enthousiaste de Suzie à son contact. Et ses belles paroles pour s’en défendre –avec d’ailleurs bien trop d’impétuosité pour que cela ne paraisse pas aussitôt suspect- ne changeaient rien au fait qu’il venait de faire tourner la tête à sa femme de chambre. Et sans nul doute à bien d’autres jeunes filles, dont apparemment sa propre petite-fille.
Triste constat que celui-là, Katleen avait épousé un coureur de jupons… Et on voulait qu’elle donne sa bénédiction !

« Suzie est sotte, je l’admets volontiers et je suis généralement la première à m’en plaindre mais je ne laisserais jamais aucun homme salir ainsi la vertu d’une jeune fille. A vous entendre on vous donnerait presque le Bon Dieu sans confession. Je vous prierai de penser un peu à Katleen, si ce n’est pas trop vous demander. »

Elle n’avait pas cru un mot de tout ce que Maynard avait pu lui dire. Cependant elle ne pouvait lui retirer qu’il jouait les innocents à merveille. Elle soupira donc convaincue que tout ce qu’elle pourrait dire ou faire ne servirait strictement à rien. On ne changeait pas la nature profonde des hommes si facilement…

« J’espère bien que vous ne comptiez pas sur mon approbation pour cela aussi… Bien, faites donc ce qui vous plaira, je ne pourrai de toute façon rien n’y changer. Mais j’ose compter sur votre excellente éducation pour que ‘vos passions’ restent discrètes et n’alimentent pas davantage les rumeurs circulant à votre sujet. »

C’était en réalité l’unique chose qui préoccupait Abigaelle. Le quand dira-t-on et surtout le risque de bâtards ou de bâtardes que ces copulations –car la seule union des corps jugée acceptables ne pouvait être que celle bénie par Dieu lors du sacrement du mariage- pourraient engendrer.
Pour ce qui concernait Katleen, Abigaelle jugeait pour sa part qu’une jeune fille ayant négligé d’obtenir son consentement avant de commettre l’irréparable, ne pouvait pas ensuite venir se plaindre. Bien qu’elle douta que Katleen ne vienne jamais se plaindre de quoi que ce soit à elle. Chacun savait dans cette maison que cela était au mieux inutile et au pire plus regrettable encore.

Ce fut à ce moment-là que Suzie se décida enfin à réapparaître avec leurs boissons chaudes. Celle-ci s’activa rapidement sous le regard acéré de sa maîtresse tout en lui jetant parfois des petits regards craintifs. Regards qui devenaient aussi furtifs qu’étonnamment doux dès que ceux-ci se posaient sur Maynard. Une fois que celle-ci eut fini de tout disposer joliment sur la petite table, elle se recula en attente des prochaines directives, le plateau en argent encombrant ses mains. Bien vite, son attention se focalisa entièrement sur le jeune homme omettant totalement les signes d’agacement de sa maîtresse. Il paraissait évident qu’elle se retenait avec difficulté pour ne pas s’adresser directement à Maynard et lui poser toutes sortes de questions. Notamment au sujet de ces rumeurs dont avait parlé Abigaelle au moment de son entrée dans la pièce…

Bien évidemment Abigaelle fut ulcérée de devoir subir cela dans sa propre maison et dans son propre salon. Faisant durement tinter la tasse dans sa sous-tasse, elle jeta un regard aussi désapprobateur qu’accusateur sur Maynard avant de renvoyer sèchement Suzie.

« Lorsque nous aurons besoin d’une tapisserie de médiocre qualité, nous ferons appel à vous Suzie. En attendant rendez-vous utile pour une fois et aller donc récurer les casseroles en cuisine. »

Ce n’était pourtant pas la jeune fille qu’elle fixait à ce moment-là. Mais bel et bien Maynard, alors qu’elle attendait la moindre réaction de sa part.
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Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Maynard Thomas » Lun 19 Oct 2009 23:33

Les propos de Maynard ne l'aidèrent pas à clarifier la situation, bien au contraire. Plus il essayait de se justifier, moins il y arrivait. Il n'avait pourtant rien fait de mal et n'avait fait aucun geste, ni n'avait eu aucune parole, dans le but de séduire cette Suzie. Pourquoi aurait il fait quelque chose d'aussi stupide en présence de la grand mère de sa femme ? Cela n'avait pas le moindre sens, surtout qu'il était venu dans l'unique but d'obtenir de la part de Madame Standford sa bénédiction et non se retrouver au banc des accusés pour une faute qu'il n'avait même pas commise.

S'il avait eu la même habilité de son père, jamais il ne se serait retrouvé dans cette situation. Il lui aurait fallut quelques paroles bien placés, et rien de tout ça ne lui serait arrivé. Il était un peu tard pour penser à ça. Le principale était de garder son sang froid, de ne pas se mettre en colère et de rester le plus courtois possible. Plus facile à dire qu'à faire, mais avait il vraiment le choix ?

" Pourquoi avez-vous tant de mal à me croire? C'est parce que je n'ai que vingt et un an et vous pensez que je suis trop jeune et immature, que je ne pense qu'à une seule chose voler la vertu des jeunes filles? Si cela avait vraiment été le cas, je me serais montré plus discret, vous ne croyez pas ? Qu'ai je suis pu faire pour vous convaincre du contraire ? Quant à mes pensées, elles sont toutes pour Katleen, vous n'avez pas besoin de prier pour cela."

Son visage si joyeux en temps normale, s'assombrit un peu. Ses yeux reflétaient une certaine tristesse, et un peu de surprise. Il ne s'était pas attendu à ce que Madame Standford lui donne la permission de tromper sa femme, du moment qu'il se montre assez discret pour que personne n'en sache rien.

" Vous n'avez aucune inquiétude à avoir, il n'y aura aucune nouvelle rumeur sur ce sujet, étant donné que je n'ai pas l'intention de tromper Katleen. La seule approbation que j'attendais de vous ne concernait que mon mariage et rien d'autre. Je peux comprendre que mon passé ne joue pas en ma faveur, et que vous me la refusiez à cause de cela, et non à cause des erreurs que je n'aurait pas commise. "


Il était au fond du gouffre, sa situation ne pouvait pas se dégrader d'avantage. Malheureusement pour lui ce fut le cas, avec le retour pas vraiment attendu de Zusie. Cette dernière par son attitude et ses regards un peu trop amicale le mettait de plus en plus mal à l'aise. Il détourna le regard pour ne plus la voir, et ne lui adressa pas la parole, bien qu'il en brûlait d'envie. Il avait envie de lui demander pourquoi elle se comporter de la sorte, de lui dire qu'elle n'avait pas la moindre chance avec lui. Toues ses questions lui brûlait les lèvres, si seulement il avait pu les poser. Il avait peur que cela se retourne contre lui, que Zusie nie tout, qu'elle se fasse passer pour la victime dans cette histoire, elle en était bien capable.

Il aurait aimé que la dernière phrase de Madame Standford lui soit adressé à lui et non à Zusie. Ce n'est pas qu'il avait envie de laver des casseroles, il avait juste envie d'être autre part, n'importe où sauf ici.

" Pourquoi est ce moi que vous regardiez et non cette jeune fille ? Vous me détestez à ce point ? Vous vous étiez déjà fait une opinion à mon sujet, et quoi je puisse dire cela n'a rien changé, vous préférez vous fier aux rumeurs qu'à mes dire. Vous avez donc tout fait pour me déstabiliser. Je vous soupçonne même d'avoir demandé à Zusie de me tourner autour afin de tester ma fidélité. J'espère sincèrement que ce n'est pas le cas, et que votre colère n'est pas dû au fait que cela n'ai pas aussi bien fonctionné que vous l'aurez souhaité."


Il se doutait bien qu'après ce petit discours il n'avait plus aucune chance de se faire apprécier et d'obtenir la bénédiction tant désirée. Elle n'en avait pas l'intention se dit il plus se rassurer. Il se saisit de son café, qu'il bu assez rapidement.

" Avez vous d'autres questions? Si ce n'est plus le cas, permettez moi de me retirer, j'aimerais me rendre dans ma chambre afin de me reposer un peu de ce long voyage. "
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Re: Un thé "presque" parfait ?

Messagede Abigaelle Standford » Jeu 22 Oct 2009 03:14

Maynard pouvait avoir des propos qui laissaient Abigaelle assez pantois. Après lui avoir certifié qu’il avait une vision de sa petite-fille totalement différente d’elle, voilà qu’il lui affirmait maintenant ne pas comprendre pourquoi elle s’en prenait à lui comme cela ! Le pire étant sans doute son expression frisant celle d’une vierge effarouchée. Ce qui était tout de même un comble venant de la part d’un homme.

Elle l’écouta donc –n’ayant guère le choix de faire autrement- plaider une cause perdue d’avance. Après tout il était bel et bien l’homme ici. Donc celui qui dans cette société patriarcale avait tout pouvoir, au contraire du statut féminin. Il lui semblait donc totalement aberrant de l’entendre jouer ainsi les victimes. D’ailleurs malgré toute sa bonne volonté –qui se trouvait assez limitée, il fallait bien l’avouer- elle ne parvint pas à rester stoïque face à ce qu’elle considérait comme une provocation.
Pas qu’elle se sentait l’âme particulièrement féministe –elle laissait aux autres le soin de se jeter sous les sabots d’un cheval au galop au nom de la cause des femmes- mais elle avait eu assez de difficulté à se faire accepter à la tête de la famille à cause justement de son statut de femme pour ne pas être sensible à ce sujet. Au moins Carlton avec sa virulente misogynie pouvait parfois paraître presque drôle même si c’était de manière totalement involontaire. Et puis surtout, il avait le net avantage d’être réellement de la famille.

« Monsieur Thomas, j’ai parfaitement compris votre plaidoyer, merci. Vous semblez cependant oublier que vous êtes l’homme ici et que donc ce genre de situation, en dehors des jeunes personnes de mauvaise vie ne fréquentant heureusement pas mon salon, est généralement sinon toujours du fait des hommes. Et parce que je suis maintenant d’un certain âge, je peux me permettre d’ajouter que comme tel, vous devez en toute logique avoir des besoins naturels dirons nous, que nous en tant que femmes Dieu merci, n’avons pas. »

Malgré l’indifférence apparente avec laquelle elle avait abordé le sujet, on pouvait sentir à son insistance à vouloir balayer du dos de sa main une quelconque poussière sur un pli de sa robe, qu’elle n’avait guère l’habitude de discuter de cela. Ce fut pourquoi elle fut soulagée de voir Maynard revenir sur un terrain qu’elle connaissait parfaitement bien, à savoir la calomnie.
Ce fut donc toute poussière oubliée qu’elle rétorqua aussitôt aux basses accusations avec toute la dignité qu’elle pouvait faire preuve.

« Je vous en prie Monsieur Thomas, ne croyez-vous pas que j’en connaisse maintenant assez sur vous pour ne pas avoir besoin à recourir à de tels procédés indignes de la dame que je suis ?... Je reconnais cependant que Suzie ne brille pas par son intelligence, je vous demanderais donc de ne pas la conforter dans cette attitude déplacée envers vous. Ne serait-ce même dans la vague excuse de vous expliquer avec elle. Elle ne comprend jamais rien de toute façon… »

Le regardant boire –ou plutôt avaler goulûment à la limite de l’impolitesse- son café, alors qu’elle-même n’avait pas touchée à sa tasse, elle pinça ses lèvres avant de consentir à lui répondre.

« Dieu merci je n’ai pas à vous aimer ou pas. Je laisse cela à Katleen. Quant à mon opinion sur votre personne, elle se forgera selon votre attitude lors de votre séjour ici. Et peut-être consentirais-je à vous accorder ma bénédiction s’il s’avère que je me suis réellement trompée sur votre compte Monsieur Thomas. Avec mes plus plates excuses bien entendu, si cela devait être. »

Puis avec un sourire quelque peu narquois, elle rajouta.

« Je devrais normalement sonner Suzie pour qu’elle puisse vous conduire à votre chambre mais je vais cette fois-ci faire une exception pour vous Monsieur Thomas, et vous y conduire moi-même. J’ose espérer que cela ne vous contrariera pas… »

Ce n’était cependant pas une question. D’ailleurs Abigaelle n’avait pas attendu la réponse de Maynard pour se lever, enjoignant ainsi Maynard à faire de même, pour le guider jusqu’à l’aile réservée aux chambres de la famille.
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