Compte-rendu (Carlton)

Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Abigaelle Standford » Mar 6 Oct 2009 23:18

Dire qu’elle avait pensé qu’une telle annonce adoucirait quelque peu toute la rancœur que démontrait Carlton à son égard… Elle n’aurait pas pu plus se tromper ! Car loin de l’estomper, celle-ci ne fit que l’exacerber. D’un autre côté, à quoi d’autre aurait-elle pu s’attendre venant de la part de Carlton ?

« Et moi qui avait pensé que cela te ravirait de te savoir sur la liste des potentiels héritiers de la famille. Mais c’était apparemment sans compter ton attitude d’enfant gâté. Sache que c’est d’ailleurs celle-ci qui m’a fait renoncer à te placer en première position. Crois-tu vraiment que l’on puisse régler les affaires de la famille à coups de caprices ?! »

Agacée par le comportement si infantile de Carlton, elle soupira longuement mais consentit tout de même à répondre à sa curiosité, assez légitime il fallait l’avouer. Mais c’était surtout qu’elle se délectait d’avance de la réaction de ce dernier.

« Et pour te répondre, il ne s’agit pas de ‘il’ mais de ‘elle’. Ta tante Elisabeth n’a au moins pas le défaut de venir sans cesse se plaindre de mon comportement envers elle. »

Même si celle-ci en avait hélas bien d’autres… Mais Abigaelle avait depuis longtemps renoncé à trouver chez ses enfants ou petits-enfants des raisons qui auraient pu faire sa fierté, malgré leur apparente perfection. Elle devait donc se contenter de ce qu’elle avait à disposition. Le choix se trouvant particulièrement restreint et difficile.

C’est ainsi qu’elle se retrouvait une nouvelle fois à écouter Carlton dégorger toutes ses récriminations. L’exercice se révélait souvent long et fastidieux mais comme à chaque fois, elle le stoppait net dès qu’il s’agissait de Gillian.

« C’était en effet une preuve de ma confiance en toi Carlton. Je ne te permets pas de douter de cela. Tout comme je ne te permets pas de douter de la possibilité que tu puisses parvenir à être à la tête de la famille. Rien n’est encore décidé. Je ne fais que commencer à m’intéresser à la succession. Après tout, il faudra bien y songer un jour et il est vrai que je commence à ressentir la fatigue de mon âge. »

D’ailleurs si Carlton pouvait parfois l’amuser, ses crises de colère la fatiguaient aussi énormément. D’autant plus lorsque celui-ci se lançait dans l’exercice difficile des menaces. Car depuis le temps celui-ci aurait déjà dû comprendre que c’était elle qui menaçait et non l’inverse.
Loin de s’offusquer, elle le laissa donc faire, jugeant ses propos comme le ferait un précepteur face à son élève. Pour finalement grimacer de déception. Décidément Carlton avait encore bien des choses à apprendre et elle allait s’assurer de bien le lui faire comprendre !

« Bien, maintenant que tes piètres menaces ont été faites, reviens t’asseoir veux-tu ? Nous avons encore à parler. Et nous allons déjà commencer par nous intéresser à celles-ci. »

Le ton était professoral et n’aurait admis aucun refus. Ce fut d’ailleurs sans attendre davantage qu’elle commença la ‘leçon’.

« Tu apprendras Carlton que les menaces sont un moyen de pression à n’utiliser que si tu te sais inattaquable en tous points. Dévoiler ce que je t’ai confié à Suzie sous le couvert des rumeurs ? Mais est-ce là les méthodes qu’un banquier se doit d’employer ? Est-ce là la réputation professionnelle que tu cherches à obtenir ? Moi qui pensais que ton travail te tenais à coeur… Quant à cette rumeur qui entacherait notre nom, aurais-tu oublié que tu portes le même patronyme ? Et que donc tu te verrais éclaboussé par ce que tu aurais toi-même lancé… Vraiment Carlton, je me demande parfois à quoi tu penses, ou même si tu penses tout court d’ailleurs… »

Pourtant le sourire qu’elle affichait à ce moment-là aurait été presque indulgent. Elle s’en expliqua d’ailleurs bien vite.

« Mais je peux comprendre que sous la fougue de la jeunesse, tu puisses trouver excitant de me voir presque mise à terre. Il est cependant dommage que tout soit dans le ‘presque’. »

Mais comme si cette leçon ne suffisait pas à elle seule à prouver sa bêtise à Carlton, elle l’attaqua sur un autre sujet qui l’intriguait depuis quelques temps. D’autant que celui-ci avait lui-même lancé une perche bien trop belle pour qu’elle ne l’utilise pas. Après tout Carlton se trouvait être joli garçon, pour qui aimait le genre prétentieux et Dieu sait si les bals regorgeaient de jeunes dindes roucoulant après ce genre de spécimen, et celui-ci ne lui avait encore jamais présenté la moindre demoiselle. Ni même –et cela était beaucoup plus suspect- évoqué la moindre d’entre elles dans une de leurs conversations.

« Mais dis-moi puisque tu parles d’exaltation, aurais-tu une quelconque liaison que tu nous cacherais ? Je saurais tout à fait comprendre que tu ne veuilles pas nous imposer une jeune personne hors de notre condition, car c’est malheureusement là le cas de bon nombre de jeunes gens de ton âge avant qu’ils ne reviennent à de plus sages résolutions. Mais un tel silence… C’est intrigant. »

Et comme chacun savait, Abigaelle aimait bien avoir réponse à tout. Notamment lorsque quelque chose l’intriguait.
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Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Carlton Standford » Jeu 8 Oct 2009 23:28

Comment aurait-il pu se satisfaire d’une seconde place lorsque la première était plus méritante pour un jeune homme s’étant dévoué corps et âme dans son travail, faisant passer les affaires familiales avant tout le reste. Abigaelle ne pouvait pas se rendre compte de l’impact de ses mots, brisant un peu plus le dandy. Comment n’aurait-il pas fait de caprices, puisque seuls ceux-ci arrivaient à faire réagir cette vieille bique qui en réalité ne voyait pas l’intérêt de la famille, mais bien le sien. D’ailleurs plus cruel encore que ses mots, fut sa décision quand au choix de l’héritier.

« Dites moi que c’est une plaisanterie !! Une FEMME !! Une femme comme héritier…une femme pour diriger les affaires familiale ! Une…Mais avez-vous perdus la tête !? Jamais Archibal n’aurait approuvé ce choix et vous le savez tout autant que moi. Vous ne voyez pas là le souhait de grand-père mais bien le votre. Elisabeth, tout autant que je la respecte, ne connaît à l’impacte que pourrait avoir ses décisions sur nos affaires. Jamais d’ailleurs elle n’a montré ne moindre intérêt, votre choix est erroné et irréfléchi Abigaelle. Je vous demande de reconsidéré votre décision et ne me dite pas qu’il s’agit d’un caprice ! Il faut être inconscient de laisser les responsabilités d’un homme entre les mains d’une femme qui ne sait pas réfléchir par elle-même ! »

Qui pourrait croire que sa blanche chevelure n’était là que le résultat d’une hérédité, lui-même avait difficile à le croire tant ses nerfs étaient mis à rudes épreuves chaque fois qu’il venait rendre visite à sa grand-mère. Pour le repos de son séjour, il s’était fourvoyé en beauté. Aussi déverser toute sa colère, la rancœur qui le gagnait, lui fit grand bien même si effectivement Abigaelle, elle, n’admit pas de voir Gillian être insulté.

« Ne dite pas cela. Vous n’avez pas le droit de m’ôter ce doute, alors qu’allégrement vous vous êtes moqué de moi »

Se raccrochant à la poigné comme s’il faisait de même avec un dernier espoir, même ses menaces pourtant pas si véhémentes, furent mal interprétées. Aussi dépité que las, il lâcha finalement l’objet qu’il serrait fort puis regarda Abigaelle sans pour autant répondre à l’invitation de s’asseoir. Comment Aurait-il pu converser gentiment alors qu’il n’avait plus rien, si ce n’était son nom qui lui serait certainement retiré comme se fut le cas pour Andrew. Sauf que ce joyeux luron avait hérité de son autre famille, et s’amusait à le lui répéter à chaque rencontrer par simple provocation.

« Vous êtes cruelle, tant cruelle. Ma réputation vous importe peu, tout comme mon mérite. Si réellement vous vous inquiétiez un temps soit peu de ce qui pourrait m’arriver, vous essayeriez de savoir pourquoi je me raccroche tant à la place de vice président. Tous ici ont une place de choix, alors que la mienne est aussi médiocre que celle d’un valet devant obéir aux ordres qu’on lui donne. Je passe mes journées entières, les week-ends, même mes jours de congé à la banque à travailler sur les dossiers afin de les rendre plus solides encore que le souhaitait le client. Combien en ai-je offert d’ailleurs à père pour qu’il voit mon investissement et ma réelle envie de lui succéder. Il le voit, il le sait, mais…il est bien trop lâche que pour vous désobéir. Et non, vous avez tord Abigaelle »

Il lui sourit avec douceur

« Nous n’avons pas le même nom. Vous êtes une Prescott alors que je suis un Standford ! Et puisque tel est votre souhait, je me retire. Je me retire de la succession car je ne me contenterait pas d’être un second choix, au moins Gillian pourra jouir de mon retrait inopiné»

Comme si là ne suffisait pas de le voir désarmé, cette vielle bique ajouta plus de poison encore dans ses paroles.

« Si vous saviez…je doute que ma réponse vous soit agréable à attendre. Peut-être même qu’elle vous achèverait… »

Se laissant allé en arrière, il s’appuya contre la porte.

« Les femmes…les femmes ne sont juste bonnes qu’à vivre au crochet d’un homme. Elles obéissent et en compensation, une robe ou un meuble leur est offert les rendant aussi insignifiantes qu’un animal de compagnie. Cependant un seule chose différencie ces deux espèces…le plaisir »

Continuant de sourire, c’est avec habitude qu’il abusa du mensonge. Si d’ailleurs parler du sexe faible de cette façon était grossier pour celui-ci, entre hommes c’était habituel voir très plaisant tant elles se retrouvaient humiliées.

« Ma réputation de vie décadente n’est inconnue de personne. Une femme s’utilise pour son propre plaisir puis est abandonnée, là est son triste sort mais sa destinée. Je joui donc pleinement de mon célibat et n’est pas prêt à épouser l’une d’elles »

Il redressa la tête

« Souhaitez-vous connaître d’autres de mes détails intimes ? »

Finalement après hésitation, il se redressa et perdit son sourire. Lentement il s’approcha d’Abigaelle la dominant de sa hauteur puis se pencha tout en prenant appui sur le dossier du fauteuil, plantant son regard moqueur dans celui de sa grand-mère.

« J’ai moi-même une question à vous poser. Pourquoi ne vous êtes-vous jamais permise de vous marier à nouveau ? »
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Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Abigaelle Standford » Mer 14 Oct 2009 00:24

La réaction de Carlton fut à la hauteur de ses espérances. Même si une fois de plus dès qu’il s’agissait de Carlton, elle aurait préféré s’être trompée. Car oui, c’était bien vers une femme –et Elisabeth en était toujours une aux dernières nouvelles- que ses espoirs allaient quant à la succession de la famille. Et pourtant ils étaient bien maigres ses espoirs vu que sa fille n’avait encore jamais paru un tant soit peu intéressée par les affaires familiales… Mais cela Carlton ne semblait pas vouloir l’entendre. Ce qui paraissait donc drôle de premier abord devint donc vite extrêmement agaçant. Navrant. Pitoyable même.

Elle le laissa donc s’égosiller tant qu’il pouvait sachant par expérience que rien ne l’arrêterait tant qu’il n’aurait pas exprimé toute sa rage. Pensez donc se voir doublé par une malheureuse femme ! Abigaelle commençait vraiment à se demander comment son petit-fils la définissait… Peut-être la croyait-il hermaphrodite ?!

« Je dois en effet t’accorder cela, Elisabeth ne s’est jamais intéressée aux affaires de la famille. Le choix aurait en toute logique dû se tourner vers toi mais tu as des réactions tellement puériles… Comment pourrais-je laisser les rênes de la famille à un enfant capricieux et colérique ?! »

Elle connaissait Carlton, sans doute plus que lui-même ne l’imaginait. Il était sans doute le petit-fils qui lui ressemblait le plus… Et le voir ainsi accroché à sa poignée de porte à déverser toute sa souffrance et son incompréhension n’était pas sans lui raviver de vieux souvenirs, et cette douleur si familière et combien dévastatrice. Car elle aussi avait dû par le passé se raccrocher au montant d’un berceau alors qu’elle aussi hurlait à l’injustice. Dieu que ce soir le nom des Standford lui paraissait bien lourd à porter.
Avec un rictus amer, elle se décida pourtant à répondre à toutes les accusations que Carlton l’affublait. Car oui, elle était cruelle mais seulement depuis qu’elle avait dû assumer le nom des Standford !

« Sache Carlton que la cruauté n’était pas de mise chez les Prescott, contrairement aux Standford. C’est ici que j’ai tout apprit. Cruelle, dis-tu ? Mais je suis encore bien trop gentille avec vous tous ! Je suis d’ailleurs sûre que ton arrière grand-père m’aurait reniée pour excès de compassion. Mais là n’est pas le problème. Je veux simplement te faire comprendre qu’à ton comportement, tu ne me sembles pas encore prêt pour assumer une si lourde charge. Mais qu’il ne tient qu’à toi pour que je révise mon jugement.»

Elle espérait sans vraiment trop y croire que ceci couperait court aux doléances de Carlton. D’ailleurs celui-ci pouvait bien se vanter tant qu’il voulait de tous ces soi-disant efforts, elle était la première à savoir que ce n’était que pour servir ses propres intérêts. Il n’y avait donc pas de quoi se glorifier de cela.
Cependant, parce que c’était Carlton et que chacun dans cette famille savait qu’il ne pouvait s’empêcher de jouer la Diva, elle pouvait encore tolérer un minimum ses jérémiades. Seul le tapotement nerveux de ses doigts sur le bord de la table pouvait laisser deviner son exaspération. Effort qu’elle ne consentit plus à faire dès qu’il s’attaqua à Gillian.

« Combien de fois devrais-je te répéter de laisser Gillian en dehors de cela ? Et qu’il n’est pas question pour moi de le hisser à la tête de la famille ? D’ailleurs combien accepterait cela, à commencer par toi ! Au moins s’est-il montré plus intelligent que toi puisqu’il n’a jamais tenté de me faire changer d’avis là-dessus. »

Soupirant tant d’agacement que d’épuisement, elle resserra les pans de son châle autour d’elle avant de résumer à Carlton –puisqu’il fallait tout lui décrypter- ce qui se jouait réellement.

« Il ne s’agit donc pour le moment que de toi ou d’Elisabeth. Et je dois avouer avoir l’affreuse sensation de devoir choisir entre la peste ou le choléra… Il va sans dire que ton comportement n’aide en rien Carlton, mais ce n’est pas comme si c’était inhabituel. »

Dieu merci, l’atmosphère s’allégea quelque peu lorsque le sujet des femmes et plus particulièrement le mépris de Carlton envers celles-ci fut abordé. Là Abigaelle fut certaine que son petit-fils devait la voir au mieux comme une chose au sexe indéfinissable ! Elle n’essaya d’ailleurs même pas de plaider auprès de lui a cause féminine. Déjà parce que cela ne lui aurait été d’aucune utilité immédiate, et ensuite parce qu’elle n’était pas du genre à plaider les causes perdues d’avance. Surtout que Carlton finirait bien par faire comme tous les hommes de la famille avant lui, prendre femme lorsqu’on l’exigera de lui.

« Je ne vois pas en quoi cette réponse aurait de quoi m’achever. Ta vie intime ou ce que tu peux penser des femmes en général ne m’intéressent que fort peu. Après tout tu feras comme tous les Standford avant toi, c’est-à-dire prendre épouse lorsque l’on te dira de le faire. »

Jusque là Abigaelle n’avait eu aucune raison de douter de son ascendance sur Carlton. Ce fut bien pourquoi elle fut tant surprise par le comportement de Carlton. Pourtant elle refusa de baisser les yeux devant lui et plongea sans hésiter son regard dans le sien.
Si elle s’était trouvée déstabilisée pendant quelques instants, elle retrouva cependant bien vite un sourire moqueur devant la question de son petit-fils. Carlton pouvait bien mépriser les femmes tant qu’il voulait, il restait -comme tous les hommes- bien innocent devant celles-ci.

« Me remarier ? Mais tu n’y penses pas ?! Jamais je n’aurais trahi de quelque manière que ce soit mon mari, et ce même après sa mort. Dieu m’en est témoin ! Et qu’est-ce que c’est que cette attitude ? On ne menace pas ainsi une dame comme une vulgaire fille de cuisine, et encore moins ta grand-mère ! Recule-toi un peu, veux-tu ? »

Tout en sermonnant son petit-fils sur son comportement, et alors qu’elle s’éventait de la main comme on chasserait un insecte nuisible de la main, elle reprit sur un ton bien moins outré et un peu plus naturel.

« Et apparemment tu aurais encore bien des choses à apprendre sur les femmes… Sache Carlton qu’une femme n’est totalement libre de ses actes qu’à la mort de son époux. Au moins auras-tu là une réelle raison de mépriser ta future femme. »
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Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Carlton Standford » Ven 23 Oct 2009 17:45

Sans grande surprise Abigaelle lui reprochait encore ses manières d’enfant gâté. Certes, mais il y avait de quoi. Après tout il était normal pour un homme de réclamer son dû dont il n’avait pas à faire normalement. La matriarche bien que se complaisant dans son rôle de vieille bique cruelle et sans pitié, n’avait pas à être seule à prendre d’aussi lourdes décisions dont apparemment elle ne connaissait pas les conséquences. Comment avait-il pu faire pour être aussi naïf, une femme aurait forcément été chercher une autre femme pour lui succéder !

Même déverser sa propre rancœur ne lui fut plus assez, accusant, tenta de poignarder Abigaelle de ses mots dont même lui ne vit plus le sens. Il s’énervait seul à voir perdre ce qu’il avait toujours convoité. Et se battre d’avantage comme l’en invitait sa grand-mère lui semblait à présent futile. A quoi bon s’accrocher jusqu’à s’approcher de ce quelque chose qu’on prenait à malin plaisir à éloigner toujours plus.

D’ailleurs ses provocations concernant Gillian eu réponse comme attendue, dès qu’il s’agissait de ce bâtard, la vieille bique ne répondait plus de rien. Incroyable comme la pitié pouvait rapidement gagner quelqu’un après avoir ramasser un rebu de la société, un déchet insignifiant qui n’avait pas sa place dans une famille telle que les Standford.

« Ah ce Gillian, lorsqu’on souhaite avoir toute votre attention il suffit de prononcer ce prénom. Je vous accorde cependant qu’il reste discret sur sa présence, peut-être de trop puisque vous avez demandé mes services. Mais admettez ! Gillian n’a pas à attirer votre attention pour la succession, puisqu’il n’est pas intéressé par nos affaires familiales. Il n’y comprend déjà rien, alors vouloir s’en occuper… Seul votre argent l’intéresse, et aussi innocent soit-il, il vous manipule en beauté. Après tout un vagabond arrivé sans un sou n’a rien à perdre ! »

Plantant ses iris bleus dans celle de sa grand-mère, il ne trouva même plus de quoi répondre tant il était lasse. Sans cesse il réclamait les mêmes choses, et à chaque fois pour seule et unique réponse, il se voyait moqué, rabaissé d’être ce qu’il était. Une chose était certaine, il était ainsi à cause de cette famille et celle-ci ne se rendait même pas compte de tout le tord qu’elle faisait aux plus jeunes.

D’ailleurs si la question d’Abigaelle concernant son célibat était similaire à une douche froide dont on aurait voulu se passer, s’imaginer dire à la vieille bique conservatrice qu’il haïssait les femmes plus que toute chose et préférant nettement se retrouver dans un lit avec pour compagnie un homme, était follement amusant tout en étant désespérant. Oui Offrir ces quelques mots qui achèverait Abigaelle d’une crise cardiaque aussi longue que douloureuse, était la seule chose qu’il pouvait se permettre mentalement. C’est donc par un mensonge habituel qu’il préféra répondre, même si cela devait l’amener à prier une heure de plus pour recevoir le pardon du seigneur. Ah ce seigneur…

« Me marier et avoir une descendance aussi pourrie que le reste de la famille, si vous saviez avec quelle hâte j’attend ce jour… »

Aussi ironique qu’était son sourire hautain

« Il me faudra cependant veiller à ne pas laisser l’enfant entre vos mains, il serait négligeable de retrouver un autre enfant noyé… »

Et si lui-même se permit de questionner sa grand-mère, c’est avec un immense plaisir qu’il se délecta de l’effet de sa présence. Abigaelle détestait tant les démonstrations affectives que la proximité trop oppressante. D’un sourire victorieux et le regard haut, il s’éloigna de deux pas alors qu’un rire moqueur franchit ses lèvres.

« Vous avez raison, je ne connais pas les femmes aussi bien que vous l’imaginez. Peut-être est-ce simplement car nos rapports ne s’éloignent d’une chambre. Mais au moins, aurais-je apprit quelque chose de vous, il faut savoir éliminer ceux qui se mettent en travers de notre route et croyez moi, une femme ne sera certainement pas la cause de ma perte. Aussi, trouverais-je une solution pour ne pas avoir l’une de ces grotesques jeunes femmes pendues à mon bras me réclamant une robe, et attendant tel un chien de compagnie mon retour du travail. Voyez vous pour faire cela je compte sur mes dobermans qui son très bien dressés, et se dressent mieux qu’on ne peu le faire avec une épouse »

Poussant un soupir tout en s’asseyant dans le fauteuil, il croisa ses jambes puis reprit

« Avez-vous également harcelée ce pauvre Andrew pour qu’il se trouve une épouse ? Ou encore Archibal qui semble vous éviter au possible ? »

D’un air faussement désolé, il posa son regard vers la fenêtre

« Nous sommes de la jeune génération Abigaelle. Alors que les femmes demandes ce qu’elles n’auront jamais, les hommes eux profitent d’elles. Nous préférons nous amuser et les humilier, plutôt qu’avoir à supporter leurs jérémiades féministes. Nous sommes ainsi faits et le monde tourne autour des hommes. Pourquoi ? Parce que nous possédons la sagesse et l’intelligence. Tout cela pour vous dire qu’il est inutile de mettre la pression à vos chères petits-fils et qu’en tant voulu, il vous offrirons un arrière petit-fils qui deviendra aussi hypocrite que nous le sommes tous»

Il regarda à nouveau Abigaelle

« En avons-nous terminé ? »
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Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Abigaelle Standford » Mar 27 Oct 2009 01:11

Carlton avait l’étonnante capacité de viser étonnamment juste en même temps que de se fourvoyer complètement. Sans nul doute pour le cas de Gillian, seule la rancœur l’empêchait de prêter attention à ce qui était pourtant évident. Et ce qu’elle ne cessait jamais de répéter. Gillian était un Standford et avait donc droit à sa part –voire plus que sa part- dans la fortune des Standford. Et elle ferait d’ailleurs tout pour que cela soit bien le cas.
Même si, et c’était là que Carlton méritait tout l’intérêt qu’elle lui portait pour la future succession même si celui-ci passait son temps à se plaindre du contraire, celui-ci n’avait pas eu tord. Elle savait que Gillian n’était aucunement solidaire à sa famille, et qu’il les percevait surtout comme un tiroir-caisse. Et c’était bien pour cela qu’elle avait demandé à Carlton d’y changer quelque chose. Ce qui n’empêchait pas les mots d’être particulièrement durs à entendre.

« Combien de fois faudra-t-il que je te dise que Gillian est bel et bien un Standford. Et qu’il mérite tout autant que toi le respect dû aux membres de notre famille. D’ailleurs il me semble que tu as un travail à faire auprès de lui. Et puisque tu l’as si bien cerné, il devrait t’être dorénavant facile d’obtenir de lui ce que je t’ai demandé. »

Mais les paroles qui suivirent furent bien pires encore. Carlton avait tout simplement utilisé ce qu’elle venait de lui dévoiler pour tenter de la blesser. C’était suffisamment lâche et mesquin pour qu’Abigaelle puisse presque l’en féliciter. Carlton apprenait très vite, restait maintenant à savoir jusqu’où celui-ci serait prêt à aller… En fait, tout l’enjeu était là. Car être à la tête de cette famille, en dehors de la toute puissance que cela conférait, ne se limitait pas à savoir manier les remarques acides et les reproches sous-jacents. Il fallait parfois savoir aussi agir.

« Que risquerait donc ton enfant ? Il serait un pur produit Standford et c’est bien tout ce que l’on te demande. Et tu peux toujours faire le fier Carlton mais n’oublie pas que prendre ma place revient à devoir se salir les mains. Et peut-être d’une façon bien plus terrible encore. Y a tu seulement songé ? »

Elle n’eut pas besoin de rajouter, non je ne pense pas. Son ton parlait pour elle. D’ailleurs l’idée saugrenue de Carlton de ne pas prendre épouse, et cela pour une justification totalement absurde, lui prouvait bien qu’elle n’avait pas tord dans son raisonnement le concernant. Il parlait beaucoup, ça oui. Mais agissait peu. Ou de façon totalement inappropriée, ce qui était encore pire !
Elle le laissa cependant dire comme on laissait un enfant se vanter de pouvoir un jour vider toute l’eau de la mer. On ne répondait après tout aux enfantillages que par le silence.

« Il me semble t’avoir dit que de tous, hormis Elisabeth, tu étais le seul à avoir une petite chance de prendre ma succession. Andrew ou Archibal n’ont donc rien à voir ici. D’autant qu’Andrew ne fait désormais plus partie de la famille… C’est à se demander s’il t’arrive parfois d’écouter ce que je te dis.»

Elle n’avait pu s’en empêcher. A la mention d’Archibal, elle avait levé les yeux au ciel avant de se masser doucement les tempes. C’est que la soirée commençait à se faire longue pour la vieille dame en pleine convalescence qu’elle était. Et Archibal aux manières si… Si… Si peu catholiques n’arrangeait vraiment rien. Dieu merci, celui-ci ne s’était pas encore présenté à sa porte, et elle le remerciait tous les jours que Dieu faisait pour cela !


N’ayant du coup écouté que d’une oreille assez distraite les propos de Carlton sur le futur prochain héritier Standford, elle rétorqua comme elle le faisait systématiquement devant ses incessantes jérémiades.

« Tu feras ce qu’on te dira de faire au moment où on te le dira. Tous les Standford s’y sont toujours pliés, et toi comme les autres tu t’y plieras aussi. D’autant plus si tu souhaites un jour parvenir à tes ambitions. »

Puis soupirant de lassitude, le rappel de l’existence d’Archibal avait été décidément de trop pour elle, elle lui donna enfin congé.

« Oui, nous en avons terminé. Tu peux donc te retirer. Et pour une fois essaie de réfléchir à tout ce que je t’ai dit. »
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Re: Compte-rendu (Carlton)

Messagede Carlton Standford » Sam 7 Nov 2009 18:23

Oh oui Carlton avait déjà songer que prendre la tête des affaires lui obligerait à quelques sacrifices. Cependant s’il pouvait s’avérer cruel et sans cœur, jamais il ne pourrait s’attaquer à un nourrisson. D’ailleurs il ne fallait ni avoir conscience ou morale pour s’attaquer à ces êtres si faibles et purs. Par contre sans la moindre once de remords, il pourrait user de la force face à une femme, bien que sa courtoisie de gentleman et sa parfaite éducation, lui ferait réfléchir à deux fois aux conséquences.

Abigaelle par contre, ne les voyaient pas justement ses conséquences, arrivant même à être d’apparence fière d’avoir noyer l’enfant. Comment pourrait-il devenir comme ça ! Lui avait sa propre personnalité et avait l’avantage d’être du sexe fort, ou tout était permis sans qu’il ne faille se justifier.

« J’ai ma propre conception de sacrifices, mais je ne suis pas assez lâche que pour m’attaquer à un enfant. Cependant demandez moi de vous assassiner et je le ferais sans remord ! Est-ce cela que vous vouliez entendre ma très chère grand-mère !? »

Posant son regard bleu sur la vieille femme, il répliqua à ces remarques cinglantes

« Je vous écoute lorsque cela m’est nécessaire. Mis à part, je ne tiens pas à m’accrocher à le moindre espoir, surtout s’il se résume à « une petite chance ». Vous autres femmes, qui souhaitez votre liberté en vivant dans votre bulle féministe comme si vous pouviez vous passer des hommes, appréciez vous soutenir. Même si pour cela de mauvais choix doivent être faits. D’ailleurs on se demande si à vouloir s’émanciper, ces femmes ne deviennent plus stupides encore»

Il haussa les épaules

« Il faudra que je questionne les femmes de la famille afin de voir si ma théorie est exacte. Mais pour le moment j’ai d’autres chats à fouetter, et ces chats seront certainement heureux d’apprendre à quel point vous les porter en votre cœur !»

Evidemment ces chats n’étaient autres qu’Andrew et Archibal qui ne s’en porteraient que mieux. Surtout Archibal qui portait tellement la vieille bique dans son cœur, qu’il évitait toute visite depuis de nombreux mois à présent. Andrew lui, aurait certainement un pincement au cœur en sachant qu’Abigaelle n’était pas plus abattu de ne plus le voir comme un Standford.

Comme si ce n’était pas suffisant Carlton se voyait encore harceler pour cette famille qu’il n’aurait jamais. Evidemment la matriarche, ne connaissant pas ses penchants, aurait été incapable d’imaginer l’ampleur de ce célibat. Et coucher avec une femme était une chose impossible pour lui tant physiquement, que de s’y préparer mentalement. Alors avoir un héritier… Adopté peut-être…

Fort heureusement son calvaire se finissait, et tel un enfant ayant attendu des heures durant, la fin de ses cours qui lui avaient parus interminables, il se sentit revivre criant mentalement tout son soulagement. Evidemment avant de quitter la pièce, il n’en oublia pas les règles de convenances et alla hypocritement faire un baise main à la vieille femme.

« Je me forcerais d’y réfléchir, n’ayez d’inquiétude à ce sujet. Prompt rétablissement Abigaelle, reposez vous »

Et c’est avec un dernier regard fait de haut, que le blond s’en alla sans demander son reste.
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