Pluie diluvienne, rancœur animée (Elisabeth - Carlton)

Pluie diluvienne, rancœur animée (Elisabeth - Carlton)

Messagede Carlton Standford » Ven 23 Oct 2009 18:34

S’étant levé à l’aube pour profiter du calme de la demeure, afin d’enfin prendre le temps de se détendre à sa façon tout en évitant qui que ce soit qui aurait pu gâcher sa journée, Carlton s’était dirigé vers les écuries. Puis après avoir renvoyé le personnel du lieu, les ayant pourrit d’insultes faisant passer ainsi sa colère cumulée des derniers jours, avait sellé Socrate. Le plus bel étalon d’après lui, qui possédait une robe blanche avec la crinière l’étant tout autant et faisant étrangement penser à ses propres cheveux d’un blanc pur.

Il choya donc son seul véritable ami dans ses murs, puis le monta avec aisance pour finalement aller parcourir les landes, véritable havre de calme et parfait pour remettre de l’ordre dans ses idées. Rien n’aurait pu arrêter son escapade. Ni même ce ciel gris nuageux aussi menaçant que la vielle bique, qui l’avait jusqu’alors tenu en laisse pour ce maudit héritage dont il ne voulait à présent plus un shilling.

Que pouvait-il y faire. Bien que le seul homme de la famille à véritablement s’intéresser aux affaires touchant la famille et étant prêt à tout pour protéger le nom des Standford, il était également le seul qui avait si peu de reconnaissance. Véritablement l’ariser d’être aussi passionné pour ce qu’il était.

Sans l’once d’une hésitation il aurait avec un plaisir certain étouffer Abigaelle dans son sommeil, si ça lui avait permit de ramener à la vie son grand père, celui qu’il avait admiré depuis enfant et restait en son sens un véritable Standford. Bien que les échos concernant le père de celui-ci correspondait d’avantage à sa propre image.

Cependant Carlton était lasse. Depuis son arrivé il n’avait fait que bonne figure, alors que plus que tout, il haïssait ceux l’entourant. La famille était tout le contraire de l’image impeccable qu’elle s’efforçait à montrer, n’étant faite que de haine, rivalité et manigances. D’ailleurs en pensant à cela, il était plus que curieux de connaître le secret d’Elisabeth qui avait eue toute l’attention de sa mère, la mettant directement premier héritier. Chose plus que stupide, lorsqu’on connaissait la vie de la mère de famille, vivant au crochet de son mari et ne passant ses journées qu’à se prélasser.

Quelle sornette de laisser de telles affaires à une femme n’ayant jamais montré le moindre intérêt pour des choses d’une telle importance. Même Gillian, et Dieu sait ce qu’il le détestait, faisait un meilleur candidat.

Finalement chassant ses maudites pensées de sa mémoire bien trop occupée ces derniers temps, il profita de sa solitude actuelle. L’air frais venait battre sur son visage, alors qu’il parcourait au galop les hautes herbes de la campagne anglaise, dont les derniers vestiges fleuris de l’été avaient piètre allure, prenant à grande vitesse un aspect aussi morne que l’était son cœur.

Ce fut probablement les quelques goûtes de pluies qui eurent raison de sa promenade. Le faisant tirer sur les rênes de ses mains gantées de cuir afin de faire demi-tour, alors que sa veste en velours brun, n’offrait suffisamment de protection contre le froid s’engouffrant dans le col de sa chemise.

Finalement arrivé à temps pour éviter de justesse l’averse qui avait à peine trempé ses cheveux, il remit l’animal dans son box après l’avoir déchargé. Il lui offrit alors quelques friandises bien méritées, puis s’assit à moitié sur une poutre basse abîmée par le temps bien décidé à rester là encore un peu, comme si son souhait était que le temps s’arrête. Il ne manquait plus qu’un garde chasse appétissant qui lui aurait fait passer l’assaut brutal de la pluie, et ce jour aurait été le plus parfait passé ici.
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Re: Pluie diluvienne, rancœur animée (Elisabeth - Carlton)

Messagede Elisabeth Seymour » Mar 27 Oct 2009 20:45

Comme à son habitude Elisabeth s'était levée relativement de bonne heure. Elle n'avait jamais été une grande adepte des grasses matinées ce qui était presque dommage, cela lui aurait permis de remplir quelques heures de ses journées. Mais elle trouvait que c'était du temps perdu que de trainasser ainsi au lit. Enfin au moins avait-elle l'avantage de pouvoir déjeuner chaque matin avec son mari et donc de le voir au moins une fois dans la journée et ce quelque soit l'heure à laquelle il rentre le soir. Avantage non négligeable quand on entendait toutes ces femmes se plaindre de ne jamais voir leur mari. Madame Seymour se demandait d'ailleurs si ces plaintes étaient vraiment justifiées ou si ce n'était que de la comédie.

N'étant pas chez elle, ni en compagnie de Jeffrey, elle se fit porter son petit déjeuner dans la chambre, ne souhaitant pas tomber par hasard sur sa mère. Si tôt c'eut été de trop pour l'une comme pour l'autre. Le repas terminé elle s'était attelée à écrire des lettres. La première était pour son mari. Assez banale, elle lui annonçait que son voyage s'était bien déroulé et qu'elle était arrivée à destination. Comme toujours elle se plaignait de sa mère. Puis avec l'excuse que cette dernière lui avait posé des questions, elle le questionna sur ses affaires. Elle n'avait pas encore décidé si elle accepterait ou non de reprendre le flambeau. Décidée...comme si elle avait le choix dans cette affaire comme dans les autres. Non si Abigaelle avait jeté son dévolu sur elle, elle n'aurait pas le choix et devrait se plier à ses exigences. Le seul choix qu'elle avait c'était de faire de la résistance ou non. Et elle n'avait pas encore décidée qu'elle voie choisir. Cette lettre à son mari lui servirait à sonder le terrain. Cela valait il le coup de s'investir ? Elisabeth n'en n'avait aucune idée, il fallait bien se l'avouer.

La deuxième lettre était pour son fils Archibal. Ce n'était pas qu'elle n'aimait pas ses autres enfants mais elle s'était toujours sentie plus proche de son fils que de ses filles. Katleen en était un parfait exemple, elle qui semblait vouer un culte à sa grand-mère. Une incompréhension totale pour Elisabeth qui s'était pourtant évertuée à mettre en garde ses enfants contre celle-ci. A croire qu'elle avait raté quelque chose dans son éducation. Elle décrivit donc la situation au manoir à son fils avec beaucoup plus de détails qu'elle n'en n'avait donné pour son mari. Elle aborda entre autre les petits complots et manigances qu'elle avait découvert en venant à la source de tout.

Quand enfin elle posa sa plume, elle sentie ses jambes un peu engourdies. Sa main avait l'habitude d'écrire autant aussi n'avait elle pas mal mais ses jambes ne semblaient jamais s'accommoder de tant d'inactivité. Elle regarda par la fenêtre et vu le ciel gris menaçant. Cela ne l'empêcha pas pour autant de se programmer une sortie en pleine air, cela lui ferait le plus grand bien. Et puis si on commençait à repousser toute balade juste à cause d'un ciel gris on ne sortirait jamais en Grande Bretagne. Mettant donc sa tenue de cavalière qu'elle avait bien entendue apporté dans ses bagages elle se rendit aux écuries. Mais une fois là-bas le constat fut sans appel. De petites gouttes la pluie s'était transformée en averse. L'idée de sortir mal gré tout afin de rentrer trempé et par conséquent d'ennuyer sa mère lui vint bien à l'esprit mais elle hésita. Sa monture n'aimerait pas et elle pas beaucoup plus. Elle se décida à faire le tour des boxs, peut être que la pluie se calmerait... C'est alors qu'elle aperçut Carlton.

"Bonjour Carlton. Tu t'es retrouvé toi aussi coincé par le mauvais temps ?"

S'approchant de lui elle ne s'assit pas pour autant. Elle était bien debout pour l'instant.

"Je voulais me promener mais il semblerait que le temps ne soit pas en ma faveur. Peut être que la pluie se calmera d'ici peu. En attendant, je vais rester ici avec toi."

Et discuter un peu. Elle n'avait pas oublié que l'homme essayait de faire ami-ami avec Gillian, cela méritait au moins quelques petits éclaircissements.
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Re: Pluie diluvienne, rancœur animée (Elisabeth - Carlton)

Messagede Carlton Standford » Mar 3 Nov 2009 00:52

Non prêt à bouger et encore moins à délaisser Socrate pour regagner hypocrisie et cruauté qui gagnait la demeure, Carlton resta assit tout en s’appuyant contre une poutre verticale servant certainement de porteuse. Etrangement il regrettait ce choix de venir rendre visite à Abigaelle, lui qui avait souhaité faire bonne action en plus de se reposer se voyait accusé et manipulé de toutes sortes de vices. Certes, grands défauts le caractérisait faisant de lui quelqu’un de mal aimé, mais il n’égalait en rien les paroles dont cette vieille bique se permettait envers sa propre famille, et plus encore envers les plus fiers de leur nom.

Standford, bien que ce nom était horriblement creux de sentiments, il était celui auquel il s’accrocha depuis enfant attendant patiemment son heure. Une attente qui en une conversation, s’avérait à présent vaine. Et bien que la matriarche lui conviait de s’accrocher encore, s’en était assez pour le blond qui souhaitait à présent retourner à ses chiffres, ceux là mêmes qui avaient dirigés et dictaient sa vie d’une douceur sans égale.

Fermant un instant les yeux, il se laissa bercer par le calme du lieu, interrompu uniquement par le bruit des gouttes butant et agressant tout ce qui pouvait l’être, offrant un son qu’il appréciait entendre. La nature n’en serait que plus belle à la fin de cette averse, où l’herbe sèchement chassée par le vent, se redresserait avec plus grande fierté d’avoir surmonté telle épreuve.

Une épreuve, Carlton lui en avait subi tellement ces dernières années que c’est à peine s’il pouvait encore se redresser. Au lieu de cela, il s’était figé, et à présent détestait ceux osant s’approcher de lui. Ne supportant qu’on remette en doute son intégrité, et plus encore haïssant les femmes, le caractère d’Abigaelle et la soumission de sa mère trop peu présente qu’il jugea responsable de son mal être. Jusqu’alors, ces êtres faibles n’avaient été que sources de sa rancœur, elles et leurs pensées grotesques à vouloir s’élever dans la société.

Poussant un long soupir, un craquement de paille lui fit ouvrir les yeux. Et là, s’envola toute sa quiétude pour retourner rapidement dans le cauchemar de son séjour. Comment osait-elle lui adresser si gentiment la parole. Une véritable provocation que lui faisait là Elisabeth, a qui il répondit cependant dans le plus grand calme, la voix lasse.

« En effet. Bonjour Elisabeth, toujours aussi superbe»

Levant son regard vers la femme, c’est avec malheur qu’il du accepter sa compagnie. Certes les femmes étaient ce qu’il détestait le plus, mais il n’était pas assez rustre que pour renvoyée l’une d’elles sous la pluie. Et puis, malgré tout, Elisabeth restait la femme avec laquelle il avait le plus d’affinité. La seule qu’il ne vouvoyait pas, chose que même avec sa propre mère il ne se permettait.

« Je craints qu’il te faille renoncer à monter ce matin, les sentiers seront boueux et donc glissants, ce n’est donc pas le moment qu’il t’arrive un accident. Les yeux sont à présent rivés sur toi et il semblerait que les espoirs de certains pèsent à présent plus lourd sur tes fêles épaules. Pour une fois cependant les Dieux de la chance ont été de mon côté quelques heures, me permettant de parcourir les landes. Socrate n’en était que plus heureux. Je suis d’ailleurs revenu juste à temps pour éviter l’averse, mais rentrer ne semble pas dans mes priorités. Donc si ma compagnie ne te dérange pas, fait »

Après un soupir

« Cela fait plusieurs jours que je te savais arrivée, mais étrangement je ne t’ai croisé à aucun moment. Je pensais qu’Abigaelle faisait tout pour nous éviter cette confrontation, pire que tu m’évitais »

Il afficha un pâle sourire

« Quelle folie t’as donc pris pour venir jusqu’ici et subir les sarcasmes incessants de la vieille bique ? Ta progéniture est donc si pesante pour qu’il te faille t’en éloigner ? »

Se taisant un instant, il reprit aussitôt

« En parlant de progéniture, Suzie m’a confié tout en s’extasiant telle une adolescente, que le mari de Katleen était présent. Serait-il suicidait qu’il ait demandé une entrevue à Abigaelle ! Ou est ton œuvre afin de t’en débarrasser ?»
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