S’étant levé à l’aube pour profiter du calme de la demeure, afin d’enfin prendre le temps de se détendre à sa façon tout en évitant qui que ce soit qui aurait pu gâcher sa journée, Carlton s’était dirigé vers les écuries. Puis après avoir renvoyé le personnel du lieu, les ayant pourrit d’insultes faisant passer ainsi sa colère cumulée des derniers jours, avait sellé Socrate. Le plus bel étalon d’après lui, qui possédait une robe blanche avec la crinière l’étant tout autant et faisant étrangement penser à ses propres cheveux d’un blanc pur.
Il choya donc son seul véritable ami dans ses murs, puis le monta avec aisance pour finalement aller parcourir les landes, véritable havre de calme et parfait pour remettre de l’ordre dans ses idées. Rien n’aurait pu arrêter son escapade. Ni même ce ciel gris nuageux aussi menaçant que la vielle bique, qui l’avait jusqu’alors tenu en laisse pour ce maudit héritage dont il ne voulait à présent plus un shilling.
Que pouvait-il y faire. Bien que le seul homme de la famille à véritablement s’intéresser aux affaires touchant la famille et étant prêt à tout pour protéger le nom des Standford, il était également le seul qui avait si peu de reconnaissance. Véritablement l’ariser d’être aussi passionné pour ce qu’il était.
Sans l’once d’une hésitation il aurait avec un plaisir certain étouffer Abigaelle dans son sommeil, si ça lui avait permit de ramener à la vie son grand père, celui qu’il avait admiré depuis enfant et restait en son sens un véritable Standford. Bien que les échos concernant le père de celui-ci correspondait d’avantage à sa propre image.
Cependant Carlton était lasse. Depuis son arrivé il n’avait fait que bonne figure, alors que plus que tout, il haïssait ceux l’entourant. La famille était tout le contraire de l’image impeccable qu’elle s’efforçait à montrer, n’étant faite que de haine, rivalité et manigances. D’ailleurs en pensant à cela, il était plus que curieux de connaître le secret d’Elisabeth qui avait eue toute l’attention de sa mère, la mettant directement premier héritier. Chose plus que stupide, lorsqu’on connaissait la vie de la mère de famille, vivant au crochet de son mari et ne passant ses journées qu’à se prélasser.
Quelle sornette de laisser de telles affaires à une femme n’ayant jamais montré le moindre intérêt pour des choses d’une telle importance. Même Gillian, et Dieu sait ce qu’il le détestait, faisait un meilleur candidat.
Finalement chassant ses maudites pensées de sa mémoire bien trop occupée ces derniers temps, il profita de sa solitude actuelle. L’air frais venait battre sur son visage, alors qu’il parcourait au galop les hautes herbes de la campagne anglaise, dont les derniers vestiges fleuris de l’été avaient piètre allure, prenant à grande vitesse un aspect aussi morne que l’était son cœur.
Ce fut probablement les quelques goûtes de pluies qui eurent raison de sa promenade. Le faisant tirer sur les rênes de ses mains gantées de cuir afin de faire demi-tour, alors que sa veste en velours brun, n’offrait suffisamment de protection contre le froid s’engouffrant dans le col de sa chemise.
Finalement arrivé à temps pour éviter de justesse l’averse qui avait à peine trempé ses cheveux, il remit l’animal dans son box après l’avoir déchargé. Il lui offrit alors quelques friandises bien méritées, puis s’assit à moitié sur une poutre basse abîmée par le temps bien décidé à rester là encore un peu, comme si son souhait était que le temps s’arrête. Il ne manquait plus qu’un garde chasse appétissant qui lui aurait fait passer l’assaut brutal de la pluie, et ce jour aurait été le plus parfait passé ici.


